Un nouveau conseiller en traduction pour l'ABT depuis 2001
 
Faites-nous une brève présentation de vous-même

« Je m’appelle Joachim Somé. Je suis Conseiller en Traduction de l’Alliance Biblique Universelle (ABU) depuis bientôt 20 ans (dans quelques mois). Mon premier poste a été Abidjan, en Côte d’Ivoire. Lomé est mon second poste. J’ai appris mon affectation officielle à Lomé, par décision…en date du 20 avril, 2001. Cependant, quelques mois auparavant, la rumeur était déjà sur toutes les lèvres, dans les bureaux et les milieux de l’Alliance Biblique Universelle, notamment à Abidjan, Lomé, Nairobi. La panique s’empara de tous mes collaborateurs les plus proches, au Centre de Traduction d’Abidjan (CTA). « Qu’allons-nous devenir sans lui ? », s’interrogeaient-ils, profondément épouvantés par la nouvelle. Pour ma part, je priais pour que cette nouvelle se vérifie rapidement, et qu’elle devienne vite réalité. Car après tout ce temps passé à Abidjan, il me paraissait légitime d’espérer aller sous d’autres cieux, pour aider à traduire et à procurer les Ecritures Saintes aux populations concernées.

A Abidjan, je me suis formé sérieusement à la difficile mais exaltante profession de Conseiller en Traduction, et plusieurs années durant, j’ai mis en pratique cet art et ce savoir-faire en conduisant jusqu’à leur terme six Nouveaux Testaments (NT en alladian, birifor, cebaara (senari), Français Fondamental (PDV), ebrie (caman), et gban (gagou), tous des projets de traduction de Côte d’Ivoire.) , trois Bibles (Bible en baoule, cebaara (senari) et tagbana, langues de Côte d’Ivoire.) et plus de trente (30) portions (ou extraits bibliques), bandes dessinées bibliques et portions nouveaux lecteurs, en plusieurs langues de Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Mali et Ghana.»

 
Qu'avez-vous fait avant de devenir conseiller en traduction?
« Mon expérience professionnelle a été marquée par un parcours assez inhabituel. Avant d’être appelé par le Seigneur à faire partie du prestigieux corps des Conseillers en Traduction de l’ABU, j’ai exercé pendant cinq ans les fonctions de professeur de Linguistique à l’Université de Ouagadougou, au Burkina Faso, mon pays d’origine, de 1975 à 1979. J’ai enseigné la Sémantique et la Morpho-Syntaxe en classe de Licence et de Maîtrise, la Phonétique et la Phonologie en 1ère et 2e années. Parmi mes ex-étudiants, certains sont devenus aujourd’hui également professeurs de Linguistique dans des universités au Canada, en Europe, à Abidjan et à Ouagadougou. En France, de 1980 à 1982 pendant que j’étais étudiant-travailleur, j’ai occupé le poste de Documentaliste, Attaché de Presse et de Communication dans une grande école appelée le CNESS, chargé de la formation de hauts fonctionnaires français et internationaux dans le domaine de la sécurité sociale. En 1983, j’ai occupé les fonctions de Conseiller Littéraire dans une grande maison d’édition à Abidjan jusqu’en août 1986, date de mon engagement personnel à travailler comme volontaire pour le compte de l’ABU, en vue de me familiariser avec les exigences du rôle de Conseiller en Traduction. Cette période de volontariat a duré 5 mois,  jusqu’au 31 décembre 1986. Ma nomination officielle comme Conseiller en Traduction est donc intervenue au cours de l’année 1987, avec effet à compter du 1er janvier de cette même année. J’ajoute que, ma première profession de professeur de Linguistique à l’université de Ouagadougou, pendant cinq ans, a été pour moi, une excellente préparation à exercer avec plus de facilité, le rôle encore plus noble et plus gratifiant, de Conseiller en Traduction de l’ABU.»
 
En quoi consiste votre rôle de conseiller en traduction?

« A Lomé, comme à Abidjan, mon rôle sera le même. Comme tous les Conseillers en Traduction de l’ABU dans le monde, mon rôle consiste à garantir que la qualité du contenu et de la forme des Ecritures Saintes qui sont traduites et publiées par l’Alliance Biblique du Togo (ABT), est rigoureusement conforme aux normes et aux exigences établies. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire que le Conseiller en Traduction est seul juge de la qualité du contenu et de la forme des extraits bibliques, bandes dessinées bibliques, sélections, Nouveaux Testaments et Bibles qui sont produits sous sa supervision. Cette responsabilité est immense. Voilà pourquoi, sa tâche principale consiste à contrôler tout ce que les traducteurs réalisent comme ébauches dans leur langue, en vue de s’assurer que le sens de leur message est bel et bien fidèle à l’original, et que leur format et style littéraires sont également compréhensibles et acceptables pour les lecteurs.

A cet effet, le conseiller en traduction doit maîtriser les principes de traduction biblique. De fait, dans la formation continue qu’il dispense aux traducteurs, il est chargé d’enseigner ces principes aux traducteurs, et il veille à ce qu’ils soient appliqués avec rigueur. Il a également une grande connaissance des langues bibliques (hébreu, grec et araméen), ainsi qu’une compréhension approfondie et correcte de la politique et des procédures de traduction préconisées par l’ABU. C’est pour cette raison que toute traduction, avant la publication, doit au préalable être approuvée par le Conseiller en Traduction. Car lui seul est habilité à en évaluer la qualité, et lui seul peut donc décider si tel ou tel NT, AT, sélection ou extrait biblique mérite d’être publié ou non.

Il est de notoriété publique, que la rareté et le nombre réduit des Conseillers en Traduction oblige certaines Sociétés Bibliques à se contenter des services d’un Conseiller en Traduction à temps partiel qui réside hors du pays, soit en Amérique, soit en Europe, soit dans un autre pays africain voisin. Par conséquent, c’est une grâce pour le Togo d’avoir un Conseiller résident. Mais le Togo doit partager son Conseiller en Traduction avec le Bénin et le Burkina Faso, traduisant ainsi en acte concret, le principe de solidarité et de communion fraternelle sensé relier entre elles, les Sociétés Bibliques d’Afrique et du Monde. Avant mon arrivée à Lomé, les Conseillers en Traduction qui s’occupaient de la traduction au Togo et au Bénin étaient non-résidents. Depuis plusieurs années, ils vivaient chez eux en Europe ou en Amérique, et revenaient au Togo, deux ou trois fois par an. Ils visitaient les équipes de traduction et travaillaient avec elles pendant deux ou trois semaines, avant de retourner chez eux. Ma présence à Lomé met automatiquement fin à cette situation. Je suis permanent, et je m’emploierai donc à visiter les équipes de traduction du Togo et du Bénin, autant de fois que cela apparaîtra nécessaire.»

 
Quelle est votre vision pour le Togo et le Bénin?

« Produire les Saintes Ecritures pour diffuser le plus possible. Telle est ma vision et ma devise. Par conséquent, je prie le Seigneur tous les jours, de m’aider à rendre l’ABT et l’ABB, les Sociétés Bibliques les plus productives, les plus vivantes et les plus dynamiques de la région francophone. J’ai l’habitude de déclarer qu’une Société Biblique qui ne publie rien est une société moribonde ou en léthargie. A contrario, une Société Biblique qui publie régulièrement est une société vivante et dynamique. Publier ou mourir, tel est le choix qui s’impose.

Or une société se crée pour vivre, s’épanouir et se développer. Une société ne peut choisir comme devise ou comme vision la mort. La mort d’une entreprise n’est pas un idéal à poursuivre. Le contraire de la mort c’est la vie. La vie est un idéal à poursuivre pour toute entreprise comme pour tout individu. C’est pourquoi, je recommande à toutes les équipes que j’ai la charge de gérer, de s’imposer la discipline de publier un livre individuel de la Bible au moins tous les deux ou trois ans. J’essaie de leur faire comprendre qu’il n’est pas nécessaire d’attendre la fin de la traduction du NT ou de la Bible entière, pour envisager de publier.

Si dans un pays comme le Togo où quatre projets actifs sont en cours de traduction, chacun publiait un livre individuel ou portion tous les deux ou trois ans, il est clair que chaque année, on enregistrerait au moins une nouvelle publication. La communauté chrétienne du pays s’enrichirait ainsi chaque année d’une nouvelle publication de livre biblique. Pour que les traducteurs soient à la hauteur, pour qu’ils soient capables de relever ce défi de réaliser une publication de qualité tous les deux ou trois ans, ils doivent être nantis d’une formation de base très solide. La formation doit être au centre des préoccupations de tous les Conseillers en Traduction de l’ABU. 
....
C’est à mes yeux, le seul moyen de faire avancer le Royaume de Dieu, et ainsi de faire reculer l’ignorance ou l’indifférence vis-à-vis de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Pour réaliser ces objectifs, je compte sur la puissance de Dieu, sur la franche collaboration du personnel du Centre de Développement des Langues, et sur le soutien sans réserve de Nairobi. »

 
Votre mot de la fin?

« Le Conseiller en Traduction est un serviteur humble, qui met son expertise à la disposition du programme de traduction dans un pays donné. En tant que tel, je suis le serviteur de l’ABT, pour faire la volonté du Seigneur. Je suis à la disposition du directeur et du Conseil d’Administration. Sans l’aide de Dieu et sans leur soutien spirituel et moral, je ne suis rien. Par contre, investi de leur confiance, je reçois d’eux par délégation, le pouvoir de veiller à la bonne qualité des traductions de la Bible dans ce pays, à leur place. Ma prière est que, un jour pas trop lointain, chaque Togolais, chaque Togolaise puisse avoir l’occasion de lire ou d’entendre la Parole de Dieu dans sa propre langue maternelle, dans chacune des 44 langues parlées au Togo. Mon objectif est de contribuer, par mes modestes services, à rapprocher ce jour béni, le plus rapidement possible.

Pour terminer, je remercie le Seigneur du privilège qu’il m’a accordé, en m’appelant pour être Conseiller en Traduction de l’ABU... Je remercie enfin, la direction de l’ABT, son Conseil d’Administration et l’ensemble de son personnel, pour leur accueil chaleureux. Je prie le Seigneur de bénir l’ABT et tous ceux et toutes celles qui la soutiennent et travaillent pour elle. » 
(Publié dans Le Messager, bulletin d’information de l’ABT).

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